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L'addiction aux Opioïdes
Les opioïdes ne concernent pas uniquement l’hôpital ou les prescriptions médicales. Ils peuvent entrer dans une vie de deux façons très différentes :
à la suite d’un traitement contre la douleur
dans un contexte festif ou récréatif, pour rechercher détente, euphorie ou déconnexion
Dans les deux cas, le mécanisme d’addiction est le même. Et il peut s’installer plus vite qu’on ne l’imagine.
Que sont les opioïdes ?
Les opioïdes regroupent des substances qui agissent sur les récepteurs cérébraux impliqués dans la douleur et le plaisir.
On y retrouve notamment :
la morphine
l’oxycodone
le tramadol
la codéine
le fentanyl
mais aussi l’héroïne (opioïde illicite)
Leur point commun : une action puissante sur le système de récompense du cerveau.
Ils diminuent la douleur.
Ils procurent une sensation de détente, parfois d’euphorie.
Ils peuvent créer une impression de chaleur, de sécurité, de relâchement profond.
C’est précisément ce qui explique leur potentiel addictif.
Quand l’usage médical dérape
Tout commence souvent par une prescription légitime. Une douleur aiguë ou chronique. Un besoin réel de soulagement.
Puis, progressivement :
la tolérance s’installe (il faut augmenter les doses)
la peur du retour de la douleur apparaît
le médicament devient aussi un régulateur émotionnel
Il ne soulage plus seulement le corps. Il apaise l’anxiété. Il aide à dormir. Il atténue un mal-être plus global. La dépendance peut alors s’installer sans que la personne en ait pleinement conscience.
Quand l’usage est festif ou récréatif
Dans d’autres situations, l’entrée dans la consommation est différente.
Cela peut commencer :
en soirée
par curiosité
par recherche de sensations nouvelles
pour “redescendre” après des stimulants
pour se détendre profondément
L’effet opioïde peut donner l’impression d’un apaisement intense, d’un relâchement total, d’un éloignement des tensions internes. Mais les opioïdes ont une particularité : leur capacité à créer une dépendance rapide, parfois dès les premières expositions répétées.
L’effet étant bref, le cerveau apprend vite à en redemander.
Pourquoi l’addiction s’installe si vite
Les opioïdes stimulent fortement la libération de dopamine. Le cerveau enregistre : “Ceci me soulage. Ceci me fait du bien. Ceci m’est nécessaire.”
Avec le temps :
la tolérance augmente
les prises se rapprochent
l’envie devient besoin
le manque apparaît en cas d’arrêt
Le syndrome de sevrage (douleurs diffuses, agitation, anxiété, insomnie, symptômes pseudo-grippaux) renforce le cercle vicieux.
On ne consomme plus seulement pour ressentir du plaisir. On consomme pour éviter le manque. Ce mécanisme est neurobiologique. Il ne relève pas d’un défaut moral.
Les risques spécifiques des opioïdes
Qu’ils soient prescrits ou consommés de manière festive, les risques sont réels :
dépression respiratoire
risque d’overdose
altération cognitive
isolement progressif
désorganisation professionnelle ou personnelle
risque accru en cas d’association avec l’alcool ou d’autres substances
Dans les usages festifs, l’incertitude sur la composition et le dosage augmente encore le danger. Dans les usages médicaux détournés, la banalisation progressive retarde souvent la prise de conscience.
Les signaux d’alerte
Peut-être reconnaissez-vous :
une augmentation des doses
une difficulté à espacer les prises
une peur du manque
une consommation cachée
une ambivalence : vouloir arrêter… mais continuer
Ce tiraillement intérieur est fréquent. Il est souvent le premier signal qu’un accompagnement serait utile.
Pourquoi se faire aider est essentiel
L’arrêt des opioïdes ne doit pas être improvisé. Le sevrage peut être difficile, parfois dangereux s’il n’est pas encadré.
Mais au-delà de l’aspect physique, il y a aussi :
la gestion des émotions sans produit
la reconstruction d’un équilibre
la prévention des rechutes
Un accompagnement spécialisé permet :
d’évaluer objectivement votre situation
de sécuriser la diminution ou l’arrêt
de comprendre la fonction que le produit remplit dans votre vie
de mettre en place des stratégies adaptées et progressives
Il ne s’agit pas de juger. Il s’agit de protéger votre santé et votre avenir.
Vous n’avez pas à gérer cela seul
Que votre consommation ait commencé par une prescription médicale ou dans un contexte festif, le mécanisme d’addiction est le même.
Plus la démarche est précoce, plus elle est simple.
Un premier rendez-vous permet de faire le point en toute confidentialité, d’évaluer les risques et d’envisager des solutions concrètes.


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